Cette année au Festival de Cannes nous avons réalisé des interviews filmées de trois directeurs de la photographie dont les films ont été primés et qui tout trois ont été tournés en ALEXA. HELI photographié par Lorenzo Hagerman, prix de la Mise en Scène pour son réalisateur Amat Escalante; OMAR photographié par Ehab Assal et réalisé par Hany Abu-Assad, prix du Jury à un Certain Regard et ILO ILO photographié par Benoit Soler, réalisé par Antony Chen qui a remporté le prix de la Caméra d’Or.

 

LORENZO HAGERMAN

Dans HELI, le personnage éponyme est un jeune homme Mexicain de la classe ouvrière, qui entretien son père, sa femme, son bébé et sa sœur de 12 ans, Estela.
Quand le petit ami d’Estela, apprenti policier de 17 ans, vole de la cocaïne provenant d’une saisie importante de drogue, pour financer leur fugue amoureuse; il entraine la famille d’Heli dans une calamité qui permet au réalisateur Amat Escalante de révéler la corruption et la violence du Mexique dans de troublants détails.

Le directeur de la photo Lorenzo Hagerman savait qu’il serait amené à travailler en lumière naturelle et avec des acteurs non professionnels sur HELI; il avait donc besoin d’une caméra facile d’utilisation et très fiable. « Avoir l’assurance d’une bonne caméra…permet de ne plus y penser pendant le tournage, et de se concentrer sur le cadre et la narration » dit-il. Il a aussi convaincu les producteurs, malgré le faible budget, que le format ARRIRAW leur permettrait de travailler dans des conditions de lumière extrêmes et d’obtenir une grande flexibilité dans les basses lumières à l’étalonnage final. « Nous voulions tourner avec un maximum d’information pour ensuite prendre les décisions en post production.» Interview

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Photos © Martìn Escalante / Mantarraya

 

EHAB ASSAL

Réalisé par Hany Abu-Assad, OMAR raconte l’histoire d’un jeune boulanger Palestinien qui rend visite à son amour secret, Nadia en escaladant Le Mur de séparation tout en esquivant les tirs des soldats Israeliens. Attiré dans le combat pour la liberté Palestinienne il est vite confronté à des choix de vie douloureux. En cavale et incertain de la loyauté des amis et de la famille, Omar réalise enfin ce qui compte vraiment pour lui.

Avec des rythmes de travail soutenus dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, le directeur de la photo Ehab Assal, devait passer rapidement de la caméra épaule à la caméra sur pieds et s’accommoder d’une lumière naturelle très contrastée et changeante. « Je voulais une caméra qui pouvait tenir le choc sans vérifier les moniteurs ou d’autre systèmes. Nous n’avions pas de post production qui vérifiait les éléments tournés; je ne voyais pas les rushes, » dit-il « J’avais besoin d’une caméra en laquelle j’avais confiance et j’ai fait confiance à l’ALEXA…j’étais rassuré de ne pas avoir trop de menus et de profils…j’ai beaucoup utilisé le false color dans la visée, parfois même quand je courrais, je tournais avec. » Interview

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Photos © Eric Sicot

 

BENOIT SOLER

ILO ILO de Anthony Chen, relate la relation entre une famille Singapourienne et leur domestique Teresa, fraichement arrivée des Philippines. Comme beaucoup de ses compatriotes, elle aspire à une vie meilleure. L’arrivée de Teresa complique encore un peu plus les rapports déjà tendus entre les parents et leur fils. Pourtant, entre Teresa et le jeune et indomptable Jiale dont elle s’occupe, naît une véritable amitié. Leur complicité s’affirme de jour en jour et la jeune femme devient progressivement un membre officieux de la famille. 
La crise financière asiatique de 1997 commence à sévir dans toute la région…

Avec une durée de tournage de 24 jours et un budget d’environs 600,000 Euros, le directeur photo Benoit Soler a du travailler vite et avec la lumière naturelle de Singapour qui est très dure à cause de sa latitude très proche de l’équateur. « A Singapour le soleil est très haut et très fort, et pour moi la seule caméra disponible aujourd’hui capable de bien gérer les hautes lumières est l’ALEXA » dit-il  «De plus, il peut faire très chaud et humide, et parfois les caméras ne réagissent pas bien à ce genre de conditions, mais en fait on n’a jamais eu de problèmes, même quand on tournait en extérieur sous le soleil» En post production, Benoit Soler a rajouté à l’image du grain scanné du film 35mm pour aider à créer un rendu du passé. Interview

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Photos © Fisheye Pictures by Han