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RACHEL MORRISON RACONTE BLACK PANTHER ET MUDBOUND
 
RACHEL MORRISON RACONTE BLACK PANTHER ET MUDBOUND

L’année a été riche pour Rachel Morrison ASC. Elle est devenue la première femme directrice de la photographie à être nommée aux Oscars pour son travail sur la production Netflix MUDBOUND et elle a également tourné le nouvel opus Marvel, BLACK PANTHER. « Ce sont des univers très différents » précise Rachel Morrison, pour les deux films Rachel a utilisé les technologies ARRI de manières très différentes. 

Sa participation au film BLACK PANTHER est principalement due à la relation qu’elle a construite avec le réalisateur Ryan Coogler sur le tournage du film indépendant FRUITVALE STATION. « Je savais que Ryan apporterait une touche spéciale au film du point de vue de la forme et qu’il ne s’agirait pas simplement d’une adaptation d’une bande dessinée, » explique-t-elle. « J’étais également très emballée par le défi que ce film représentait. Il est à l’opposé de tout ce que j’ai pu faire jusqu’à présent. » 

BLACK PANTHER. Photo : Matt Kennedy / Marvel Studios 2018

 

The Filmaker’s View : Rachel Morrison – « Le poste de directeur de la photographie est le meilleur poste sur un plateau. Tout le monde le sait. »

 

« Bien que BLACK PANTHER soit un film d’une grande envergure, du point de vue de la caméra, il n’y avait pas une grande différence par rapport à un film à plus petit budget », commente Rachel Morrison. « Il en dit beaucoup plus sur la manière de travailler de Ryan que sur un film Marvel en soi, » précise-t-elle. « Nous tournions essentiellement à deux caméras, avec des caméras supplémentaires occasionnellement. » Des caméras ARRI ALEXA de chez Panavision ont été utilisées pour filmer toute l’action.

Le travail de la lumière de BLACK PANTHER a été un grand défi pour Rachel Morrison et elle s’est beaucoup reposée sur les ARRI SkyPanels. « La magnitude des séquences à éclairer était bien plus importante que tout ce que j’avais connu auparavant, » explique-t-elle. « Nous avions des SkyPanels partout dans les décors. Nous avons construit une jungle entière dans un studio ! » Elle se souvient de sa première journée de tournage, où elle a tourné une séquence de flashback, avec un immeuble en arrière-plan. « Nous avons placé des SkyPanels dans chaque appartement et mon chef électro avait une console d’éclairage à la main, » se remémore-t-elle. « Nous disions : ceux-là, ils regardent la télévision et nous programmions les SkyPanels pour produire cet effet. Nous avons réglé la lumière pour chaque appartement. Je n’avais jamais imaginé cela auparavant.

 

Les caméras filment l’acteur Boseman Chadwick BLACK PANTHER/T’Challa) sur le tournage de BLACK PANTHER.
Photo : Matt Kennedy/Marvel Studios 2018

« Le SkyPanel est devenu un outil vraiment incroyable, » ajoute-t-elle. « Je pense que c’est quelque chose que j’ai vraiment appris sur BLACK PANTHER. J’ai découvert la polyvalence de la couleur et la possibilité de modifier l’intensité et les couleurs par une simple liaison non filaire. C’est vraiment incroyable de pouvoir passer d’une couleur bleue à une mauve ou de modifier l’intensité de la lumière avec juste un iPad. » Elle soulève également la possibilité de modifier l’éclairage pendant une répétition. « Il suffit de toucher un bouton. Vous ne devez plus demander aux comédiens de sortir du décor pour apporter une échelle pour simplement placer une grille sur le projecteur, » explique-t-elle. « Si vous recherchez un effet « entre chien-et-loup » mais que vous ne savez pas si le réalisateur désire un coucher de soleil plutôt chaud ou une nuit tombante plutôt froide, vous pouvez programmer les deux effets et lui demander lequel des deux il préfère. C’est un outil incroyablement polyvalent. »

BLACK PANTHER faisait appel à de nombreux effets visuels, ce qui était également une nouveauté pour Rachel Morrison. « Le superviseur des effets visuels, Geoff Bauman, était vraiment à l’écoute et très collaboratif », précise-t-elle. « J’étais très bien entourée. La spontanéité d’un film avec des effets visuels est plus réduite car vous devez anticiper le rendu final en y apportant toute l’intuition humaine qui fait la qualité de notre travail. Parmi ces séquences, certaines impliquaient des cascades très complexes. « Et vous devez abandonner un peu de contrôle », dit-elle. « C’est un réel travail de collaboration avec le coordinateur des cascades, les cascadeurs et le superviseur des effets visuels de manière à définir un vrai plan d’attaque. Il s’agit vraiment de cinéma collaboratif, d’essayer d’être clair sur le rendu final et de s’assurer que tout le monde est sur le même diapason. Et c’est la même attitude que sur un film à petit budget. »

 

Les SkyPanels éclairent d’en haut ce décor de BLACK PANTHER.
Photo : Matt Kennedy/Marvel Studios 2018

 

 

MUDBOUND est une histoire complexe sur le racisme et la violence dans le Sud des États-Unis avec ses lois ségrégationnistes et les traumatismes subis par les soldats après la Seconde Guerre mondiale. Jason Mitchell joue le rôle de Ronsell, un soldat noir qui retourne dans le Mississippi. Pendant la guerre en Europe, il a connu l’honneur et le respect, mais de retour au pays, il est traité comme un citoyen de seconde classe. « J’ai été vraiment intéressée par MUDBOUND car c’est la photographie de cette époque qui m’a inspiré en premier lieu, » déclare Rachel Morrison. Et elle cite le nom des photographes de la crise économique mandatés par la Farm Security Administration tels que Gordon Parks, Dorothea Lange, Walker Evans, Ben Shan et Arthur Rothstein. « MUDBOUND était une opportunité pour leur rendre hommage », explique-t-elle. « Visuellement, c’est le rêve de tout directeur de la photographie, et c’était certainement mon rêve et l’un des premiers films d’époque que j’ai tourné. »

Elle s’est également inspirée des films documentaires de Les Blank et de sa « palette tout en sourdine de couleurs magnifiques », tel qu’elle le décrit. « C’est presque comme si vous laissiez simplement tourner la caméra et la vie s’y inscrit. C’était également une source d’inspiration. » Rachel Morrison salue le travail du chef décorateur David Bomba qui a contribué à créer l’ambiance évocatrice du film dans des lieux réels de l’époque. Mais Rachel Morrison a également contribué à raconter l’histoire avec l’éclairage, étant donné que les personnes pauvres n’avaient pas de courant électrique et qu’elles utilisaient des bougies et des lampes à pétrole pour s’éclairer.

Le film a été tourné avec des caméras ARRI ALEXA Mini, bien que Rachel Morrison ait initialement considéré de tourner en 35 mm. « Il n’y avait pas une si grande différence qui puisse justifier le surcoût », explique Rachel Morrison. Nous avons trouvé que l’ALEXA Mini était très utile à l’intérieur des petites maisons des plantations où chaque centimètre était utilisé. Lorsque Rachel Morrison était en pré-production, la Mini s’est vue dotée d’un mode de désanamorphose pour son capteur 4:3 et de cadences de prises de vues de 0,75 à 200 i/s ainsi que de la mise à jour Open Gate. « Nous avons pratiquement tout tourné avec des objectifs anamorphiques et certains plans avec des objectifs sphériques et [avec la mise à jour], la Mini était l’outil parfait. »

Rachel Morrison ASC cadre un plan  avec l’ALEXA Mini sur MUDBOUND.
Photo : Steve Dietl / Netflix

Sur ce qui fait un bon réalisateur, Rachel Morrison a un point de vue intéressant, ayant elle-même réalisé des films. « Le réalisateur doit apporter une vision très claire de l’histoire qu’il essaie de raconter, mais il ou elle doit également s’intéresser à la collaboration et inspirer toutes les personnes autour de lui, » précise-t-elle. « Le réalisateur inspire ses collègues de travail mais il est également inspiré par eux et il doit être ouvert aux nouvelles idées, être réceptif et s’adapter sur le plateau sans jamais perdre de vue ce qui va faire avancer l’histoire. »

Pour Rachel Morrison, être aimable et généreux est une qualité supplémentaire. « Nous entrons dans ces collaborations presque comme si nous partions à la guerre… Vous devez être prêt et disposé à prendre une balle pour l’autre », dit-elle. « Et vous souhaitez également en sortir comme si on faisait partie de la même famille. Ce n’est pas la première chose que je recherche chez un réalisateur, mais c’est toujours présent. »

(De gauche à droite) L’opérateur P. Scott Sakamoto et le réalisateur Ryan Coogler discutent de la séquence avec la directrice de la photographie Rachel Morrison ASC.
Photo : Matt Kennedy ©Marvel Studios 2018

 

Rachel a également des conseils pour les jeunes cinéastes qui démarrent. « Soyez curieux », dit-elle. « Vous n’allez pas apprendre sans poser de questions. Vous serez sur 10 ou 15 plateaux différents, avec différents directeurs de la photographie, avant d’être sur le vôtre. »

« Soyez patients », conseille-t-elle. «Ce n’est pas une industrie où le succès arrive pendant la nuit. Vous devez construire votre chemin. Soyez persévérants et sachez que ça va prendre du temps. Les personnes formidables et talentueuses ne manquent pas. Pour moi, vous êtes embauché non pas en raison de votre travail, mais pour ce que vous êtes. C’est ça qui vous rend unique au sein de l’industrie. »

 

 

 

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