Voici un cas d’étude sur l’utilisation l’ALEXA Mini avec des LUT ARRI qui ont été tout récement enrichies par les 87 LUT de la ARRI LOOK LIBRARY avec la SUP5.0

Vendue dans plus de 80 pays, la série tv Un village français (coproduite par Tetra Media et Terego) vient d’entamer le tournage de sa septième et ultime saison en région parisienne. Pour ces 6 épisodes de 52’, Emmanuel de Fleury, son Dirceteur de la Photographie depuis la saison 6, s’appuie sur deux Alexa Mini et un workflow qui utilise pleinement les LUT ARRI.

Vous tournez avec des caméras Arri depuis combien de temps sur Un village français ?

Je crois que la production a commencé en Super 16 et qu’ils ont essayé d’autres caméras au début, mais depuis déjà plusieurs saisons tout est tourné en Alexa. Ce qui est important avec Arri, c’est qu’ils arrivent à nous donner une caméra stable alors qu’avec les autres marques il fallait essuyer les plâtres à chaque nouveau modèle. Grâce à l’Alexa, on a réussi à retrouver la même stabilité que lorsqu’on tournait en pellicule. Et on est content de voir arriver les nouvelles LUT (Look Up Tables).

Pourquoi utiliser les LUT Arri ?

Auparavant, le réalisateur et la production s’habituaient à une image tout au long du tournage et quand on arrivait en post-production, ils étaient souvent surpris par le résultat final. Du coup, c’était difficile de revenir en arrière. Pour éviter cela, il fallait trouver un système qui soit simple à mettre en œuvre et transparent entre le tournage et la post-production. Comme sur une série, il y a rarement un DIT, les LUT Arri sont une bonne solution intermédiaire. Elles me permettent de donner une direction à l’image dès le tournage. Cela sert à l’étalonneur mais aussi à Jean-Philippe Amar, le réalisateur, qui voit le résultat directement sur le moniteur pendant la prise. Cela lui donne souvent des idées d’image. On en discute tous les deux. C’est un travail très complémentaire avec le réalisateur.

 

 

Sur tous les looks proposés dans l’ALEXA Mini, combien en avez-vous appliqués sur Un village français ?

Au final, nous devrions utiliser 10 à 12 LUT sur l’ensemble du tournage, mais l’essentiel des scènes se font avec 5 à 6 LUT. Et je dois dire que l’on s’amuse pas mal avec ça. On en fait sur chaque scène. Là, on vient de tourner une séquence où le personnage se sort d’un mauvais pas, du coup, je redonne un peu plus de couleur à la scène. En même temps, je sais que je peux revenir en arrière, en réappliquant la LUT White si j’en ai besoin. Rien n’est jamais figé. Mon étalonneur, qui était sceptique au début, est ravi aujourd’hui.

Comment définiriez vous l’image que vous créez sur Un village français ? 

Cette saison est un peu particulière puisqu’on a des changements d’époques importants. On passe de 1945 à 1975. On a aussi des flashforward vers 1995 et 2003. Donc, il y a une grande diversité d’ambiances. Pour la période 1945, je voulais rester cohérent avec les précédentes saisons et trouvez une image la plus naturelle possible. On a déjà le décor et les costumes qui donnent la dominante. Pas la peine d’en rajouter. Je voulais quelque chose qui reste doux. Par contre, sur les époques plus modernes, j’en profite pour redonner du contraste à l’image, pour beaucoup plus saturer en couleur.

 

 

Et la lumière ?

J’aime retrouver des choses de la vraie vie, en faisant bouger la lumière dans une scène par exemple. C’est une façon d’éviter le côté tournage en studio. Ce qui peut arriver très vite sur un film en costume. Dans les intérieurs, comme on est après la libération, on n’a plus les rideaux fermés comme pendant l’occupation. Du coup, on peut montrer les extérieurs, jouer les découvertes en équilibrant la lumière intérieure et extérieure. Le capteur de l’Alexa nous permet cette souplesse.

Avec quel modèle d’Alexa tournez-vous ?

Sur la saison précédente, nous avions une Alexa classique et une Mini. Cette fois-ci, j’ai préféré deux Alexa Mini, pour mieux gérer les LUT. J’aime aussi beaucoup la légèreté de cette caméra. Je peux la monter sur un Easyrig. Cela me permet d’aller chercher le cadre, de travailler en souplesse. J’aime cette façon de fonctionner. L’Alexa Mini est aussi intéressante pour le Steadicamer. Sa légèreté lui a permis de rajouter un stabilisateur Wave.