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Phedon Papamichael retour d’expérience

Le directeur de la photographie Phedon Papamichael (ASC) est un professionnel aguerri de l’image et des caméras, plus connu pour sa nomination à l’Oscar de la Meilleure Photographie en 2013 pour le road-movie Nebraska d’Alexander Payne. Il est intervenu récemment sur un genre filmographique complètement différent : le fantastique et l’univers sombre des frères Grimm et du romancier Hans Christian Andersen.

Le long métrage Le Chasseur et la Reine des Glaces (2016) amène Phedon Papamichael au Royaume-Uni où il passe une bonne partie de 2015 à superviser l’image du film pour le réalisateur Cedric Nicolas-Troyan. Ce dernier connaît bien l’univers fantastique, car il a été nommé à l’Oscar des Meilleurs Effets Visuels pour Blanche-Neige et le Chasseur (2012), le premier opus dont il réalisera quatre ans plus tard la suite.

Complexe, cette nouvelle version contient des éléments à la fois postérieurs et de antérieurs au premier film. L’histoire décrit une jeune reine au cœur froid qui, pour récupérer un miroir magique, lève une légion de chasseurs sanguinaires qui ne devront en aucun cas tomber amoureux. Eric et Sara, deux d’entre eux, ne peuvent éviter de succomber l’un pour l’autre. En représailles, ils seront séparés par la reine puis bannis du royaume. Pour se retrouver, les amoureux devront affronter tous les dangers et se frayer un chemin dans cet univers fantastique, tandis que la reine se bat pour retrouver le miroir magique. Au casting du film figurent Charlize Theron, Chris Hemsworth, Emily Blunt, et Jessica Chastain. Le long métrage a été tourné en partie à l’Abbaye de Waverley dans le comté de Surrey (Royaume-Uni), au Grand Parc de Windsor et à la cathédrale de Wells. Mais le plus grand plateau a été construit aux Studios Shepperton – à une heure de Londres -, en décor intérieur et en extérieur à ciel ouvert. Selon Phedon Papamichael, Le Chasseur et la Reine des Glaces est davantage romantique et moins sombre que le premier opus. Il est un peu moins stylisé et contient plus d’humour avec énormément d’action. Le directeur photo a combiné les caméras ARRI ALEXA XT et ALEXA 65, et une ALEXA Mini pour quelques plans. L’ALEXA 65 tournait tous les jours, en général associée à une grue Technocrane. Les optiques de la caméra A étaient des Panavision C-Series anamorphiques vintage optimisées similaires à celles utilisées sur le film Nebraska. Sur les caméras B et C, une gamme G-Series et des zooms anamorphiques Angenieux Optimo étaient de service.

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A propos de la caméra ALEXA 65, le directeur photo explique : « Je l’ai utilisé à chaque fois que je le pouvais. Elle était tous les jours installée sur une Technocrane de 15 mètres de long pour les plans larges ou de paysages, avec des mouvements de haut en bas depuis les arbres jusqu’aux acteurs dans la forêt. Elle offrait tous ces merveilleux détails à l’image. L’équipe des effets visuels l’a immédiatement adopté car elle offre énormément de l’attitude pour jouer avec l’image en postproduction. »

Parmi les nombreux défis à relever, il fallait trouver les techniques de représentation des acteurs interprétant les nains, dont le rôle est essentiel. Nicolas-Troyan a mis au point des procédés reposant sur des estrades ou des plateformes surélevées, permettant de jouer soigneusement sur les perspectives avec la caméra et les optiques. Ces scènes ont été par la suite plus ou moins retravaillées par l’équipe VFX. Pour les plans larges et de coupes, le réalisateur a fait appel à de vraies personnes de petites tailles. En jouant sur les perspectives, les acteurs de taille normale apparaissent à leur tour plus petits. Généralement, les plans destinés aux VFX étaient tournés avec l’ALEXA 65 équipée d’optiques sphériques Hasselblad.

« Ces plans truqués sont la plupart du temps fixes parce que vous disposez de beaucoup d’espace supplémentaire sur les côtés, explique Phedon Papamichael. Vous pouvez les recadrer ou les recréer en un mouvement. Cela offre beaucoup plus de possibilités ».

Pour Phedon Papamichael, alterner les caméras ALEXA XT et ALEXA 65 n’avait aucune incidence sur sa façon de filmer, un élément qu’il apprécie : « Je ne suis pas technicien et je ne réfléchis pas en termes de formats de fichier et d’enregistrement. Pour moi la chose la plus importante, c’est d’être sûr que les rushes sont sécurisés, qu’ils possèdent la qualité maximale que peut offrir la caméra : cela passe par un système Codex et du ARRIRAW. Résultat, nous n’avons perdu aucun plan et le reste n’a aucune importance ! »

Ben Appleton, le DIT (Digital Imaging Technician), venait tout juste de terminer le film « Insaisissables 2 » avec le directeur photo Peter Deming (ASC). Sur Le Chasseur et la Reine des Glaces, Ben devait se charger des éléments techniques pour permettre à Phedon Papamichael de se concentrer sur l’aspect créatif de l’image, de la lumière, du cadre, du mouvement de caméra et des optiques.

« Ben était incroyable et vraiment rigoureux », explique Phedon Papamichael. « Il s’est occupé des trois caméras ALEXA, a réglé les filtres et discuté directement avec l’équipe VFX de chose telle que l’intensité de la fumée sur certains plans ; mais aussi avec le chef électricien concernant la saturation et les nuages. En Angleterre, la météo est très changeante et le ciel constamment balayé par les nuages. Il faut donc tout le temps jouer sur l’iris à la volée, et ça… Ben adore ! ».

Le DIT est arrivé sur le projet au dernier instant. Ses méthodologies de travail ainsi que le matériel utilisé ont évolué tout au long du tournage. Ben aime à dire que sa mission consiste essentiellement à rendre les aspects « négatifs » du tournage aussi bon que possible pour le film. A l’image, il se référait généralement à une température couleur de 4000° Kelvin afin d’harmoniser le rendu des carnations. Dans la tente de réalisation, Phedon Papamichael et Ben Appleton se servaient de moniteurs OLED avec le logiciel colorimétrique LiveGrade afin d’appliquer un rendu rapide aux images. Celles-ci étaient ensuite sauvegardées avec leurs informations CDL et transmises au laboratoire.

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Durant le tournage, Ben Appleton a décidé d’acheter un système d’archivage Codex Vault qu’il a incorporé au workflow. Codex Vault nous a permis de standardiser, de configurer et de sécuriser notre chaine de production avec une solution de transfert de rushes rapide installée à proximité du plateau. Cet achat était en partie lié au fait que Ben avait accepté de travailler à la suite de notre tournage sur le film Assassin’s Creed. Le directeur photo Adam Arkapaw avait prévu de tourner des scènes avec trois caméras ALEXA 65 en parallèle, et avec des ALEXA XT.

« Avec le système Codex Vault, les datas de notre workflow sont devenues tellement plus pratiques. Le matériel a fait ses preuves, explique Ben Appleton. Sur le film Assassin’s Creed, nous produisons 20 To de rushes par jour. Le système Vault S-Series était la seule manière de créer deux copies en parallèle et de finir malgré tout 45 minutes après la fin de la journée. C’est incroyable de pouvoir réaliser cela durant le transfert. D’où mon envie d’acheter le système. Pour moi, Codex est l’une des entreprises les plus avancée et des plus réceptive. Leur équipe a écouté toutes mes remarques afin d’adapter le système à mes attentes ».

En se remémorant le tournage du Chasseur et la Reine des Glaces, Phedon Papamichael déclare : « J’ai tourné sur de grosses productions, mais ce film était de loin le plus important. Il devait être fantastique et visuellement amusant et plaisant. J’ai appris énormément sur le tournage. Ma fille de 8 ans a adoré la bande-annonce, cela signifie que nous avons peut-être réussi notre mission. »

Phedon vient de terminer la réalisation d’un court métrage et prépare actuellement le prochain film d’Alexander Payne.

Pour retrouver d’autres retour d’expériences visitez : codex.online

Images courtesy Giles Keyte, Universal Pictures, Dean/Paul/FameFlynet.uk.com

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