Anthony Dod Mantle dévoile les défis du tournage du film Snowden. Réalisé par Oliver Stone et photographié par le chef opérateur Anthony Dod Mantle FFD BSC ASC (oscarisé pour Slumdog Millionaire), le thriller politique Snowden relate l’histoire d’Edward Snowden, l’informaticien américain et ancien employé de la CIA qui a divulgué en 2013 des milliers de documents classifiés depuis une chambre d’hôtel à Hong Kong. Edward Snowden est aujourd’hui réfugié politique en Russie et il est catalogué tour à tour de dénonciateur, héros, révolutionnaire ou traître. Ses divulgations ont provoqué un débat planétaire sur le secret gouvernemental, la connivence entre les agences de services secrets et les tactiques de surveillance de masse en opposition au respect de la vie privée.

Pour exprimer son intérêt pour le film, Anthony Dob Mantle déclare : « C’était un énorme défi et je savais que ce film me pousserait dans mes retranchements esthétiques. Mais je crois que les sujets du film sont, par les temps qui courent, les plus grands défis pour nous tous, pour nos enfants, nos familles et nos amis. J’ai rencontré Oliver Stone pour la première fois à Munich, lors d’une réunion confidentielle. Il m’a demandé de lire le scénario. Ce n’était pas la version définitive, mais malgré ce fait, ce que j’ai lu m’a beaucoup impressionné. J’ai été subjugué. Le scénario dressait, d’une part, le portrait d’un jeune homme consciencieux que ses actions ont conduit à l’aliénation et à la peur. Et d’autre part, il dépeignait l’un des plus grands scandales politiques depuis la Seconde Guerre mondiale dont les répercussions se font toujours sentir. »

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Pour éviter que les services secrets n’interrompent le tournage, Oliver Stone a choisi de tourner le film le plus possible en dehors des États-Unis. La plus grande partie du tournage s’est déroulé aux studios Bavaria, près de Munich, en février 2015, avec des plateaux fermés et sur des décors avoisinants qui devaient ressembler au Maryland, à la Virginie, à la ville de Washington et à Hawaï.

 

Après un séjour de huit semaines à Berlin, la production s’est poursuivi à un rythme effréné dans la capitale américaine, puis à Hawaï, où nous avons tourné dans une maison située dans la rue où Edward Snowden a vécu. Par la suite, nous avons investit l’hôtel The Mira, à Hong Kong, où le jeune informaticien en cavale a pratiquement tout révélé.

Anthony Dob Mantle explique que les références ou concepts qui ont amplement inspiré l’image du film peuvent se résumer à l’omniprésence de la surveillance, à l’architecture et aux images d’intrusion. « Les images propres en haute définition véhiculent une sensation de vérité et d’honnêteté, tandis que les images issues des caméras de surveillance qui veillent sur notre vie quotidienne donnent une sensation de malentendu, de secret et de méfiance.

Pour le film Snowden, Anthony Dod Mantle, qui aime cadrer ses films, a choisi le format 2.39. Il a utilisé les caméras ALEXA 65 et ALEXA XT (avec enregistrement sur Codex embarqué), toutes les deux filmant dans le mode Open Gate sur environ soixante pour cent du tournage. Les objectifs de l’ALEXA 65 comprenaient une série d’optiques fixes 65 pour la partie en studio, tandis que la partie du tournage réalisée dans les décors naturels a été tournée avec des objectifs fixes Vintage 765. Une série complète Leica Summicron ainsi qu’un zoom Angénieux Optimo et des objectifs macro ont été utilisés sur l’ALEXA XT. L’ensemble du matériel a été fourni par ARRI Munich, sous la supervision de Manfred Jahn, avec le plein soutien de l’équipe de R & D de la société pour la toute nouvelle ALEXA 65, ainsi que pour l’ALEXA XT.

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« L’ALEXA 65 est un système de caméra robuste et puissant et l’image 6K pour le grand écran est définitivement une expérience visuelle unique », affirme Anthony Dod Mantle. « Grâce aux nombreux essais que j’ai entrepris aux quartiers généraux d’ARRI, à Munich, je me suis fait une très bonne idée de comment j’allais travailler l’image, de manière à atteindre le rendu que je désirais et qui est visible sur le film. »

Canon Europe a également apporté son concours sur le film avec une caméra Canon C500 dotée d’un zoom 50-1000 mm, en monture PL, qu’Anthony Dod Mantle a utilisé pour des prises de vues particulières sur le tournage en décor naturel autour du monde. Il a également utilisé cette caméra sur un rig pendant les séquences tournées à l’hôtel The Mira, en raison de l’exiguïté des décors. Une caméra Codex Action Cam a également été utilisée pour toutes les images de surveillance vidéo.

Le DIT Dan Carling a supervisé tout le workflow qui se composait d’une multitude de systèmes d’enregistrement Codex pour l’ALEXA 65, l’ALEXA XT, la Canon C500 et la Codex Action Cam. Plus d’informations sur son travail sur le film et sur l’utilisation de Codex sont disponibles ici.

Anthony Dod Mantle est particulièrement attentif à l’effet de la palette de couleurs dans chacun de ses films et Snowden est une fois de plus un bel exemple de sa sensibilité artistique. « Quand Edward Snowden est présenté comme un jeune homme talentueux et intelligent avec une carrière brillante, l’image est colorée et rassurante. Mais tout cela bascule lorsque l’histoire se noircit. Hawaï aurait dû être un paradis, mais les couleurs virent au jaune menaçant et au vert troublant.  La ville de Washington est photographiée avec une couleur bleu acier. Au fur et à mesure qu’Edward Snowden s’éloigne de la sécurité et que ses chances de survie s’atténuent, l’image devient légèrement magenta. C’est une couleur aliénante et menaçante, froide et odieuse. Elle devient plus présente dans les séquences de l’hôtel à Hong Kong, lorsque sa solitude et son isolement se font plus oppressants.

Pour Anthony Dod Mantle, se retrouver dans la même pièce qu’Edward Snowden fut une expérience marquante. Et cet événement eut lieu à Moscou, lors de cinq jours de tournage additionnels. « J’avais passé une bonne partie de l’année à explorer l’histoire d’Edward Snowden et sa psychologie. J’étais à la fois très perturbé et en même temps très honoré de le rencontrer en chair et en os », se remémore Anthony Dod Mantle. « C’est un jeune homme brillant, hanté à jamais et éternellement déraciné et pourtant si noble et désintéressé par ses actions. J’espère que nous avons réussi à raconter son histoire d’une manière intelligente et sincère. »

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